Eglise dans la Caraibe

Pèlerinage de Toussaint en Haïti

Pèlerinage de Toussaint en Haïti
"Pour pratiquer l'amour de Dieu, pratiquez l'amour des hommes." Cette parole de Charles de Foucauld (dans une lettre à Louis Massignon en 1916) est au fronton moral de toutes les maisons du Frère Francklin Armand en Haïti. Et une fois la porte passée ce sont les œuvres qui disent cet idéal de vie. Sur l’invitation de M. Pierre Piveteau, un des patrons de l’entreprise maintenant florissante « Vivre en Bois », née en Vendée en France, et  qui a pignon sur rue dans l’Europe entière, la Caraïbe et ailleurs, nous y sommes allés à trois : Charly Rinaldo, directeur du CFA Jean Belloc à St Jean Bosco, Pierre Piveteau et moi-même, vivre les quatre jours de la Toussaint 2017.


de gauche à droite : Nicolas Albanel, Sr Armelle, Charly Rinaldo, Frère Josué, Frère Francklin, Pierre Piveteau et Frère Bernard.

Il se trouve que depuis cinq ans Pierre Piveteau, et sa femme Françoise, après avoir fait un bout de chemin avec Frère Francklin Armand (dont le livre « danser avec la vie » écrit par Mireille Nicolas – aux éditions Nestor – les a touchés en plein cœur), sont allés plusieurs fois à sa rencontre et à la rencontre de Sr Emmanuelle Victor, co-fondatrice des petites sœurs de l’Incarnation, et surtout comprendre du dedans le travail et l’apostolat que mène en Haïti pour les plus pauvres, Frère Francklin Armand. Françoise s’est éprise de la centaine de petites filles qui, orphelines suite au séisme de 2010, et à l’ouragan Mathew l’an dernier, ont été confiées à la Fraternité de l’Incarnation (leur maison à Léogane est un exemple d’accompagnement et d’éducation).

Et ce sont, non seulement les centaines de lacs collinaires creusés un peu partout à travers le pays, mais aussi des centres de nutrition, des établissements scolaires, des dispensaires dans les coins les plus isolés, des centres de formation professionnelle, des maisons de retraite, des fermes agricoles et d’élevage, des gîtes éco-touristiques, un abattoir conséquent, des boulangeries qui commencent à fleurir, des centres pour purifier l’eau, des hôpitaux, des maternités, une grande école de musique (voulue par l’ancien président Martelly), un campus d’agronomie (dont Fr Josué et Fr Bernard sont les responsables)… Frère Francklin Armand est sur tous les fronts, et veut tellement, par amour de Dieu et par amour pour son pays, permettre aux femmes et aux hommes, et surtout aux jeunes, qui le peuplent, de recouvrer le courage, le sens du travail et surtout la dignité. Et ce sont toutes les Fraternités de petites sœurs ou de petits frères de l’Incarnation qui à la charnière de toutes ces œuvres leur permettent de naître, de fleurir et de croître. 

Dans la ligne de la spiritualité du Bienheureux Père Charles de Foucauld, Frère Francklin Armand s’est mis en marche il y a quarante ans. Et depuis c’est une centaine de Petites Sœurs et de Petits Frères de l’Incarnation qui, à travers tout Haïti, en République Dominicaine, et récemment en Guadeloupe, essaiment la bonne parole et agissent pour que le monde grandisse en humanité.

Toutes ces entreprises et ces œuvres ne peuvent voir le jour, à partir du prophétisme de Fr Francklin Armand et de Sr Emmanuelle Victor, qu’avec le réseau qui s’est constitué à travers le monde de tous les appuis financiers et techniques indispensables, et de toutes les bonnes volontés qui se sont mises en marche, depuis quarante ans. (l’AFU en France et en Europe – Assoc. De Fraternité Universelle ; de nombreux groupes conséquents et généreux aux USA, au Canada et ailleurs en Amérique – l’AFI (amis de la fraternité de l’Incarnation) en Guadeloupe ; des liens en Afrique et en Asie…).


Fr Francklin Armand a incité Pierre Piveteau à venir quatre jours à la Toussaint 2017, avec Charly Rinaldo, directeur du CFA Jean Belloc, pour expertiser le lycée professionnel de Hinche que la Fraternité vient de reprendre  et qui ne demande qu’à renaître pour aider les jeunes Haïtiens à se former dans les métiers manuels de façon impeccable. « … afin d’aider notre pays à renaître, insiste Fr Francklin. Car la richesse, la grande richesse d’Haïti c’est sa population, le courage de ses habitants et la jeunesse de son peuple. Il n’y a pas de raison que nous n’y arrivions pas ! »
« Vivre en Bois » va donc installer une antenne en Haïti (qui devrait pouvoir s’ouvrir début 2018). Pierre Piveteau : « Je veux bien aider et apporter un appui solide avec mon bois, mais encore faut-il qu’il y ait des artisans et des techniciens du bâtiment, bien formés, capables de bâtir dans les normes modernes parasismiques et anticycloniques. La réputation de St Jean Bosco (en Guadeloupe) pour la formation des jeunes dans le bâtiment a toujours fait merveille, il n’y a qu’à parler avec les nombreux artisans et industriels Guadeloupéens et Caribéens qui ont été formés là durant les quarante dernières années. C’est extraordinaire de compétence, de courage, de détermination et de volonté.                
                                                                                                                                                              …/…
Montrons aux jeunes Haïtiens qu’ils sont tout aussi ingénieux et consciencieux et ainsi ils pourront appliquer chez eux et relever leur pays. »


Charly Rinaldo : « Je n’étais jamais allé en Haïti. Je connais le pays, j’ai de nombreux amis Haïtiens en Guadeloupe. J’ai lu le livre « danser avec la vie » (de Mireille Nicolas) qui m’avait beaucoup intéressé. Mais ce que j’ai vécu pendant quatre jours en Haïti, au pas de charge, derrière le Frère Francklin Armand que rien arrête, m’a profondément bousculé que ce soit à Hinche, à Port-au-Prince, à Léogane. On n’a pas eu le temps d’aller ailleurs. Je suis édifié par la foi inébranlable, la charité incarnée, la merveilleuse espérance  et le courage à toute épreuve du personnage. Il y a quelque chose de serein et de lumineux dans son regard. On a envie de le suivre et de l’aider. Allons-y mettons-nous au travail ! Et je remercie Pierre Piveteau de m’avoir mis en marche à ses côtés ».

Jean-Marie Gauthier : « L’AFU va fêter ses trente ans d’existence en 2018. L’occasion à la fin de juin de faire intervenir Frère Francklin Armand en France et en Europe et de faire connaître son œuvre. Ses nombreux et honorables amis l’y attendent. Tout le monde va s’y mettre et peut-être, si Dieu le veut, pourra-il être présenté pour le Nobel de la Paix. Isabelle et Michel Barnier y songent. Il le mériterait tellement ; même si lui n’en a cure ! Il porte déjà le titre de « trésor national vivant » dans son pays, preuve de l’unanimité du peuple haïtien autour de lui.  »
Humblement et suite à ce « pèlerinage de toussaint 2017 » je veux témoigner seulement de deux choses : le grand sens de la famille qui anime Frère Francklin Armand que je connais, à la suite de Mgr Willy Romélus, depuis plus de vingt ans. Ce sens de la « famille » si bousculé aujourd’hui partout à travers le monde, et forcément dans son propre pays, le taraude. « Continuons d’éduquer nos enfants, nos jeunes, dans le sens de la Parole incarnée par Jésus-Christ, dans l’idéal de paix, de justice, de courage et d’honneur qui doit être la seule boussole. Les réseaux sociaux et la communication internet qui nous inondent, même en Haïti, plutôt que de répandre des modes et des addictions si délétères ou voulant mettre tout le monde dans le même moule, ne devraient-ils pas consolider la conscience de tous, replacer l’âme et la spiritualité au-dessus de tout, afin que nos familles retrouvent la joie fondatrice et la vraie liberté ! » Le second point c’est la vitalité des petites sœurs et des petits frères de l’incarnation rencontrés qui, avec sourire, humilité et serviabilité, irradient une belle conscience professionnelle et un idéal de sportif (à la manière de l’apôtre Paul) ou d’artiste de talent amoureux du travail bien fait ; la preuve, de nombreux jeunes qu’ils soient américains ou européens viennent prêter main forte, et offrir leur compétence et leur générosité pour aider Fr Francklin Armand ! A l’exemple de Nicolas Albanel, étudiant en informatique, fils de Baudouin Albanel vice-président de l’AFU, qui après avoir fait un stage en octobre dernier pour aider le CFA Jean Belloc à St Jean Bosco à remettre à jour le réseau internet suite au cyclone Maria en Guadeloupe, se trouve actuellement au Campus d’Agronomie flambant neuf à Hinche (dont Pierre Piveteau est une des pierres d’angle) aidant les petits frères et les étudiants à installer le réseau internet. Nicolas n’hésite pas à partager avec dévouement ses compétence et son savoir-faire : «j’étais bien au CFA de St Jean Bosco, dit Nicolas en toute simplicité,  et je suis bien ici et j’apprends beaucoup avec mes amis haïtiens rencontrés »… son sourire rayonnant en dit long sur la sincérité de son propos !  

Le turbulent silence qui emplit l’oraison quotidienne et incessante de Frère Francklin Armand résonne de cette parole du Bienheureux Charles de Foucauld ! : «Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres à me regarder comme leur frère, le frère universel. Ils commencent à appeler la maison “la Fraternité” et cela m'est doux ». (Lettre à Marie de Bondy, 7 janvier 1902). Mettons-nous à son école !
Jean-Marie Gauthier


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