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Bonel Saint-Fleur ordonné prêtre pour le diocèse de Guadeloupe


 

                           Cathédrale ND de Guadeloupe – Dimanche du Christ-Roi- 25 Novembre 2018


Au début de cette célébration, nous avons chanté le cantique connu : « Peuple de Prêtres, Peuple de Rois, assemblée des saints, peuple de Dieu, chante ton Seigneur ».
Et ces paroles nous ont ainsi rappelé notre dignité de fils et filles  de Dieu. Cela nous rappelle aussi la phrase liturgique proclamée au moment de notre baptême : « Désormais, tu fais partie de  ce peuple de prêtres, de  prophètes et de rois ».
Bonel,

Lorsque tu as été baptisé dans le diocèse de Fort Liberté, le célébrant a dit cette phrase sur toi et tu as été marqué comme chacun de nous avec l’huile du Saint Chrême.
Or, dans un instant, avec le saint chrême, je ferai sur toi une onction de tes mains te consacrant ainsi pour ce ministère sacerdotal, en disant : « Que le Seigneur Jésus Christ te fortifie pour sanctifier le peuple chrétien et pour offrir à Dieu le sacrifice eucharistique ».
Et, suivant ce texte anonyme du 15ème siècle, texte  que  tu aimes, tu seras les mains de Jésus, en rappelant ici  cette prière : « Christ n’a pas de mains, il n’a que nos mains pour faire son travail d’aujourd’hui. Nous sommes la seule Bible que le peuple lit encore, le dernier message de Dieu en actes et en paroles. »
 

 
 

Le rayonnement des chrétiens et des prêtres se réalise par les actes, qui est le vrai message de Dieu.
Peuple de prêtres, peuple  de rois. Cette ordination a lieu en cette fête du Christ Roi de l’univers qui conclut l’année liturgique.
Or, en cette fête du Christ Roi, nous venons d’entendre l’Evangile de Jean, la question singulière, pour ne pas dire  absurde de Pilate : « Es-tu le roi des Juifs ? ». Question qui peut  paraitre absurde puisque le roi de l’univers, à l’époque, c’est l’empereur qui siège à Rome.  Or, Pilate est un zélé fonctionnaire de cet empereur et il méprise les juifs.

 Il  sait bien aussi qu’il n’y a plus de roi en Israël depuis longtemps. Et, lui le gouverneur représentant le  l’empereur de Rome peut  deviner la réponse de Jésus, ce petit  galiléen qui  lui est présenté. Jésus est en effet  à la merci de ce grand responsable à Jérusalem qui a pouvoir sur lui. D’ailleurs Pilate ne manque  pas de le souligner. « Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te  relâcher comme j’ai le pouvoir de te faire crucifier ? » (Jn 19, 10).
Et Jésus répond admirablement  presque  avec    humour : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont dit à mon sujet ! »
 Voilà de quoi irriter Pilate avec cette réflexion cinglante : « Est-ce que je suis juif, moi ?  et avec cette insistance : « alors tu es roi ? »
En face cette phrase admirable de Jésus : « Ma royauté n’est pas de ce monde. » et encore plus admirable : « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. »
Lui, Jésus  s’est proclamé « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6)  conclut cet échange : « Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix ».
 

 
 

Or, le  prêtre est celui  qui annonce la vérité de l’Evangile, et celui qui devient un autre Christ dans son ministère. Il offre sa vie et donne sa vie.  Cela sera signifié dans un instant par la prostration de Bonel lors de la grande prière de la litanie des saints.

Moment fort comme celui de l’imposition des mains par l’évêque et le prêtre dans le silence, puis l’exultation au moment où le nouveau prêtre est  revêtu de la chasuble.
Bonel, quelle joie pour toi…et  pour nous !
Pour toi, parce que c’est l’aboutissement d’un long chemin depuis Haïti jusqu’en Guadeloupe, en passant par Toulouse, lieu de te dernière formation.
Tu as  répondu à plusieurs reprises et encore au début de la célébration : « Me voici », en ajoutant intérieurement : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté ».

      

 

 

      


En effet, tu avais répondu au Seigneur : enfant, puis adolescent et jeune adulte.

Tu avais répondu lorsque le séisme du 12 Janvier 2010 a failli t’emporter, en demandant au  Seigneur de te sauver.
Rescapé en quelque sorte,  tu as continué  sur la route avec  la communauté des petits frères de l’incarnation.
Puis, il y a eu ce  choix proposé  grâce à la bienveillance du frère Franklin. Nous nous souvenons de notre échange ensemble en 2016 et  ta réponse spontanée dans l’obéissance et  l’acceptation d’un nouveau chemin.
Et depuis, que de rencontres et de découvertes ! Découverte de  la catholicité en France bien sûr,  avec les étudiants, dans une paroisse rurale, à Taizé,  en Terre Sainte.
C’est vrai, tu es ordonné pour notre diocèse, mais comme pour tout prêtre, tu es ordonné pour toute l’Eglise, et tu seras à l’aise partout ici bien sûr, ton diocèse, notre diocèse,. A Haïti, dans ta région natale,  là où tu célèbreras prochainement des premières messes. Et là où le Seigneur te conduira demain.
Ici, tu as fait l’expérience de ce qu’est un presbyterium. Déjà depuis ton arrivée en Guadeloupe et avec les multiples et récentes rencontres.
Richesse de la diversité du presbyterium, par les âges et les origines. Richesse de notre Eglise dans son histoire ancienne et récente.
Richesse de la promesse et de l’espérance pour demain avec nos séminaristes qui s’unissent à notre prière là-bas à Toulouse.
Tu es ordonné  prêtre en des temps difficiles, mais nous savons bien que toute période a ses  difficultés. Moment difficile, comme nous le rappelions récemment à Lourdes en assemblée des évêques. Et nous avons redit « notre estime et notre confiance aux prêtres »  en reconnaissant qu’ils vivent douloureusement le moment présent. Rappelant aussi  « la sincérité de leur engagement, leur zèle et leur prudence.»
Ces phrases sont pour toi et pour tous les prêtres.
Au moment de t’ordonner, revient à la mémoire un souvenir. Il y a 20 ans, à Rome, je participais au Jubilé des 50 ans de sacerdoce du cardinal Etchegaray, belle et grande figure de l’Eglise, ami des iles.
Il rappelait la phrase qui lui avait été dite le jour de son ordination sacerdotale en 1947. « C’est le beau temps pour être prêtre ».
Voici ce temps béni, aujourd’hui.

Bonel,
 Te voici prêt pour être collaborateur de l’évêque, pour servir et guider le peuple de Dieu, accomplir fidèlement le ministère de la Parole et célébrer avec foi les mystères du Christ. 


   
 

 Ecoutons en conclusion  une réflexion d’un bénédictin de Vézelay au 12ème siècle.

« La Parole de Dieu, impossible à contenir à l’intérieur de frontières a parcouru en peu de temps toute la surface de la terre. Quatre siècles avant le Christ, il a fallu à Alexandre  le Grand des troupes nombreuses et une grande armée pour étendre le territoire de son empire.
Or ce sont 12 hommes frustes  choisis par le Seigneur, et par leur bouche,  la Parole s’est soumis l’univers.
Ainsi le monde est conquis non par le fer mais par la Parole.

Je le proclame d’un cœur joyeux : le Christ est vainqueur, le Christ est maitre souverain, le Christ est roi.  Et il règne pour les siècles des siècles. »  (Julien, moine bénédictin à Vézelay, + 1165)

Amen
 

   

 

MOT DE PRESENTATION DE BONEL SAINT-FLEUR par le père Gérard FOUCAN, responsable diocésain des vocations


Monseigneur,

Bonel a 35ans, est issu d’une famille de 8 enfants et était au Séminaire en Haïti de 2006 à 2014.
Le 14 Octobre 2014, il est arrivé en Guadeloupe dans la Communauté des Petits Frères de l’Incarnation. En 2016, vous l’envoyez au Séminaire St Cyprien de TOULOUSE pour 2ans.

Lors de l’année 2016-2017, il a su profiter des bienfaits de la vie d’Eglise de Toulouse et ainsi compléter sa formation particulièrement en s’investissant au sein de la paroisse étudiante. Lors de l’année 2017-2018, il était en insertion dans une petite ville : l’Isle-en-Dodon. Et c’est dans cette église de l’Isle-en-Dodon que vous l’avez ordonné diacre le 10 Décembre 2017.  Cette deuxième année lui a permis de découvrir la réalité d’une paroisse avec toutes ses facettes. Aujourd’hui, la présence nombreuse de paroissiens et du curé de l’Isle-en-Dodon témoigne elle-même des qualités de futur pasteur qu’est Bonel.
De fin Juin 2018 à aujourd’hui, vous avez invité Bonel à rejoindre le secteur des paroisses de BASSE-TERRE. Et c’est avec joie que nous l’avons accueilli.

Après avoir consulté des laïcs, les religieuses et les prêtres de Basse-Terre, voici ce que je peux retenir de Bonel :
Dès son arrivée à Basse-Terre, j’ai remarqué qu’il souhaitait s’investir au sein des jeunes, des servants d’autel et des vocations. Aussi, son esprit d’accompagnement et d’initiative se développe par l’accompagnement qu’il a envers les collégiens, les servants d’autel et la Pastorale des Jeunes. Il est en effet très proche des jeunes et prend du temps dans les échanges pour mieux discerner leurs désirs. Il sait s’adapter aux uns et aux autres. Tout récemment, à la messe mensuelle des collégiens, en guise d’homélie, il a su entamer un temps d’échanges avec eux, temps  qui a ravi les jeunes comme les adultes présents.
 
Les servants d’autel et leurs responsables l’ont bien remarqué : Bonel est aussi l’homme de la rigueur notamment au sujet de la liturgie...
 
En septembre dernier, vous lui avez demandé d’être aumônier de l’Ecole primaire de Versailles, une activité dans laquelle il s’est beaucoup investi. Tout de suite, il  a su se faire  proche des enfants dont il a tout de suite manifester son amour et sa joie.
 
Bonel est simple, discret, très accueillant envers tous, aimant dialoguer avec les autres. Il est toujours disponible pour le service et prend le temps d’écouter, d’apporter du réconfort et de l’espérance lors de différentes rencontres d’entretien spirituel au Foyer Sacerdotal.
Ses homélies donnent le témoignage d'un homme cherchant à éveiller la foi de ses auditeurs. Elles sont soignées, bien préparées et nous renvoient à notre quotidien. 
 
Il a un bon contact avec tous et toutes, notamment les religieuses du pensionnat de Versailles avec lesquelles il a plaisir à échanger lors de bons petits déjeuners. Bonel est de nature réservée et discrète mais il est très accessible par tous.
 
Je compléterai en disant qu’il a le souci de travailler en collaboration avec l’équipe de prêtres de Basse-Terre. Il apprécie la confiance et la fraternité qui règnent entre nous. Celles-ci l’aident à avancer.
  
Monseigneur, le peuple chrétien a été consulté et ceux à qui il appartient d’en juger ont donné leur avis. Aussi, j’atteste que Bonel SAINT-FLEUR a été jugé digne d’être ordonné.
 


P. Gérard Foucan


 
 

Questions liturgiques

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