Actualités - A la Une

Monseigneur Riocreux : Deux ans à Notre Dame !


 

Lundi-saint 13 H 27 (19 H 27 en métropole). Fin d’un joyeux  déjeuner  à l’évêché. La nouvelle tombe : « incendie en cours à Notre-Dame de Paris ». Incroyable. Je découvre avec sidération les images  terrifiantes. Puis les messages et  les interviews remplissent  l’après-midi. Messe grave à l’évêché, ainsi que le lendemain dans la cathédrale ND de Guadeloupe.  Comme ancien recteur de ND, j’évoque avec émotion des souvenirs.

Le premier. En 2001, un samedi de janvier, j’ai rendez-vous avec le cardinal Lustiger. Il m’annonce ma prochaine affectation : recteur-archiprêtre de la cathédrale. Surprise pour moi, non parisien, qui fut curé d’une autre cathédrale, celle de Nouméa. Je me souviens des yeux illuminés de l’archevêque me confiant en quelque sorte son « trésor », lieu où il venait  célébrer la messe du dimanche soir.
Le second. Mon arrivée dans ce lieu début septembre. L’installation dans l’appartement rue du cloître Notre-Dame. Les premiers contacts avec les prêtres et les dizaines de salariés pour découvrir l’église, son histoire, le service cette « paroisse » singulière avec e l’accueil des milliers de visiteurs chaque jour.

Mardi 11 Septembre 2001. « Nine Eleven », comme disent les américains. La stupeur devant les deux tours à New York. Et la messe le lendemain à Notre-Dame avec les milliers de fidèles bouleversés par l’horrible attentat avec les milliers de morts. A Paris, le bourdon  de Notre-Dame exprime le deuil et ce lien entre  France et Etats-Unis. Dans un des multiples articles sur l’incendie du 15 Avril, Rémi Brague, philosophe catholique exprime l’ampleur de l’évènement: « Surprise, stupeur, chagrin. Admiration pour le courage des pompiers. C’est un peu notre 11 Septembre ».

Autres souvenirs. Il y en a tant. Des grands moments ou l’ordinaire. Les messes chaque jour. Les confessions avec  les 10 chapelains. La vénération de la couronne d’épines le vendredi. Des cérémonies : enterrements, dont l’hommage à Geneviève de Gaulle-Anthonioz, quelques  baptêmes…  L’accueil de personnalités importantes : USA, Chine, Allemagne, Tanzanie.

La joie de servir en un lieu unique jusqu’à mon départ pour Pontoise en juin 2003. Que de récits et anecdotes à raconter. En mars dernier, à l’occasion d’une visite avec des guadeloupéens, j’ai présenté Notre-Dame, point zéro des routes de France. Nous  nous sommes émerveillés devant la façade. Nous nous  sommes arrêtés en quelques  lieux marquants. Le chœur du 12ème siècle. La dalle rappelant la conversion de Paul Claudel à Noël 1886. Le haut relief présentant la vie de Jésus, la chapelle de Notre-Dame de Guadalupe.

En août dernier, avec 60 pèlerins du diocèse, nous avions célébré la messe à Notre-Dame. Des photos conservent le souvenir de cette inoubliable journée. Une photo présente le groupe devant la Croix et la Pieta, tout près de  l’Autel central. Ces trois  symboles essentiels de notre foi sont  encore là, intacts, ainsi que les vitraux des transepts  nord et sud.

Cette semaine sainte 2019  commencée avec les jeunes à  Capesterre  a été suivie de ce lundi-saint « historique ».
 A la suite de l’incendie,  j’ai lu, beaucoup lu. J’ai suivi de nombreuses émissions. J’ai reçu des centaines de messages ravivant ces deux années à Notre-Dame. Certains rappellent la visite de la fameuse « forêt », charpente qui a brulé en quelques heures.

Désormais, le diocèse de Paris est privé de « sa » cathédrale. Je pense à mon successeur, Mgr Patrick Chauvet ainsi qu’à tout le personnel. Tous aiment Notre-Dame qu’ils servaient avec bonheur. Ils ont découvert  que, comme eux, la France et  le monde entier admiraient Notre-Dame, symbole de la foi, « âme de la France » comme suivant l’expression du cardinal Pacelli, futur Pie XII  en 1937. Mgr Aupetit a repris cette expression en soulignant que  « Dieu fait toujours sortir du bien d’un mal ». L’instant de grâce vécu autour de l’incendie en est le premier signe. Le second a été dans cette foule importante venue en l’église Saint Sulpice pour la messe chrismale et pour le triduum pascal.

Le plus important signe est aussi ce souhait unanime pour rebâtir Notre-Dame.

En cette fête de Pâques, célébration de la Résurrection du Christ, méditons encore   cet évènement. L’incendie Notre-Dame de Paris nous rappelle que tout ici-bas s’use ou peut être abimé. Mais la capacité de reconstruction que nous avons est comme   une sorte de belle métaphore de la Résurrection.

 

+ Jean-Yves-Riocreux

 


 


Incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019. IAN LANGSDON/EPA

Questions liturgiques

Pourquoi aller à la messe le Dimanche ?

Nous ne devons pas oublier que la foi, c’est une relation vivante avec Dieu. Comme toute relation, elle se doit d’être nourrie régulièrement, autrement elle s’endort et même elle se sclérose.

Lire la suite...